Informer, enquêter, vérifier, écrire. En Haïti, ces actes essentiels à la démocratie sont accomplis dans des conditions qui relèvent de l’exploitation. Gardien Citoyen, organisation engagée dans la défense des droits humains et de la justice sociale, dénonce avec vigueur la précarité extrême imposée à de nombreux journalistes du pays.
Derrière les titres publiés chaque jour se cachent des réalités alarmantes. Un journaliste produit en moyenne trois articles par jour, six jours par semaine, soit 72 articles par mois. Ce rythme soutenu exige rigueur intellectuelle, déplacements constants, enquêtes de terrain et parfois une exposition directe à des contextes dangereux. Pourtant, pour cette charge de travail considérable, la rémunération mensuelle dépasse rarement 15 000 gourdes.
Le calcul est sans appel : chaque article est payé environ 208 gourdes. Une somme dérisoire au regard de l’effort fourni et de l’impact social du travail journalistique. Ces articles contribuent pourtant à informer la population, à documenter les crises, à dénoncer les abus et à renforcer le débat public. Payer aussi peu ceux qui remplissent une mission d’intérêt national constitue une négation de leur valeur professionnelle.
Cette situation fragilise non seulement les journalistes, mais aussi la liberté de la presse elle-même. La précarité rend vulnérable, limite l’indépendance éditoriale et expose les professionnels de l’information à diverses pressions. Exiger éthique, courage et impartialité sans offrir des conditions de travail décentes relève d’une profonde incohérence.
Face à cette réalité, Gardien Citoyen appelle à une prise de responsabilité collective. Les entreprises de presse doivent revoir d’urgence leurs politiques salariales et mettre fin à des pratiques qui banalisent l’exploitation. L’État est également interpellé afin d’établir un cadre légal garantissant un salaire minimum décent pour les journalistes, conformément aux principes des droits humains. Enfin, la société civile est invitée à soutenir celles et ceux qui, au quotidien, informent la nation.
La liberté de la presse ne peut se construire sur la misère. Défendre les journalistes, c’est défendre le droit du peuple à une information libre, crédible et indépendante.
📲 Ne ratez rien avec Potomitanm
Recevez directement nos dernières nouvelles sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp Potomitanm


