Le Parlement letton a décidé de reporter d’un an le débat sur un éventuel retrait de la Convention d’Istanbul, principal traité international contre les violences faites aux femmes. Une suspension saluée comme une victoire démocratique, mais qui révèle une politisation inquiétante des droits fondamentaux en Europe de l’Est.
Contexte : un traité devenu cible idéologique
Ratifiée par la Lettonie en novembre 2024, la Convention d’Istanbul engage les États à prévenir, sanctionner et documenter les violences sexistes et domestiques. Pourtant, le 30 octobre 2025, une majorité parlementaire avait voté pour son retrait, sous l’impulsion du parti populiste Lettonie d’abord !, dénonçant une « idéologie étrangère » liée à la notion de genre.
Mobilisation massive à Riga
Le 6 novembre, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Riga, brandissant des pancartes comme « S’inspirer de Trump n’est pas ok », pour dénoncer la tentative de retrait. Le président Edgars Rinkevics a finalement demandé un réexamen, et le Parlement a repoussé le débat à novembre 2026, après les élections législatives.
Une victoire fragile pour les droits des femmes
La Première ministre Evika Silina a salué cette décision comme une « victoire de la démocratie, de l’État de droit et des droits des femmes ». Mais pour Beate Jonite, porte-parole du Centre Marta, cette suspension ne garantit pas la pérennité du traité : « La Convention va continuer d’être un pion dans le jeu électoral. »
Une rhétorique toxique en expansion
La Convention est accusée par certains partis d’extrême droite de promouvoir le mariage homosexuel et les droits LGBTQIA+, sous couvert de « l’idéologie du genre ». Cette confusion volontaire alimente la transphobie et la misogynie, comme le souligne l’historienne Una Bergmane : « Les populistes lettons surfent sur une vague réactionnaire à la Trump. »
Données alarmantes
En 2023, la Lettonie affichait le taux le plus élevé de féminicides en Europe, et 30 % des femmes déclaraient avoir subi des violences conjugales. Depuis la ratification, le pays a pourtant adopté des lois majeures : suivi électronique des agresseurs, plan national contre les violences domestiques, loi contre le harcèlement sexuel.
Une bataille qui dépasse les frontières
La Convention d’Istanbul est aujourd’hui un marqueur idéologique en Europe. Si la Turquie s’en est retirée en 2021, plusieurs pays de l’UE ne l’ont toujours pas ratifiée. Le Conseil de l’Europe rappelle que ce traité ne crée aucune norme sur l’identité de genre ou l’orientation sexuelle, mais vise uniquement à protéger les femmes.
La rédaction
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