À quelques jours des élections générales du 30 novembre 2025, le Honduras, considéré comme l’un des pays les plus violents d’Amérique centrale, voit ses femmes politiques se mobiliser. Députées, mairesses et candidates dénoncent ensemble les attaques sexistes et racistes qui gangrènent la vie publique, sur le terrain comme sur les réseaux sociaux.
Des voix féminines réduites au silence
Lors des meetings, les femmes sont souvent interrompues ou ignorées. La députée Iroshka Elvir, par exemple, peine à se faire entendre face au bruit des militants, alors que son époux Salvador Nasralla, candidat favori à la présidentielle, est écouté religieusement. Ces scènes traduisent une réalité : les femmes en politique sont moins respectées et moins protégées que leurs homologues masculins.
Impunité et menaces
Selon les témoignages recueillis, 90 % des violences de genre restent impunies. Fatima Mena, députée du parti Salvador de Honduras, raconte avoir été agressée physiquement et menacée de mort. Le meurtre de Michell Varela, jeune militante de 20 ans assassinée en octobre 2025, illustre tragiquement les dangers auxquels les femmes engagées s’exposent.
Harcèlement numérique et désinformation
Les réseaux sociaux sont devenus un terrain de violence politique. L’Observatoire politique des femmes estime que 67 % des attaques se déroulent en ligne : insultes, fake news, contenus sexualisés. La candidate présidentielle Rixi Moncada a été la cible de photomontages humiliants, tandis que d’autres sont qualifiées de « poupées de la mafia » dans des campagnes de désinformation alimentées par l’intelligence artificielle.
Racisme et sexisme cumulés
Ashanti Crisanto, candidate garifuna du Parti Innovation et Unité, dénonce le double fardeau du racisme et du sexisme. « Nous ne sommes pas prises au sérieux. Pour certains, nous sommes juste bonnes à danser et à cuisiner », confie-t-elle. Son combat met en lumière la nécessité d’une meilleure représentation des femmes afrodescendantes dans les sphères de pouvoir.
Solidarité féminine au-delà des partis
Malgré leurs divergences idéologiques, les femmes honduriennes s’unissent pour faire avancer des lois en faveur des victimes. En mars 2024, elles ont obtenu la création de refuges publics pour femmes battues. Mais un projet de loi sur la violence politique de genre reste bloqué depuis dix ans, les députés hommes quittant l’hémicycle au moment du vote. « C’est un pacte de machos », résume Fatima Mena.
À la veille des élections, les femmes honduriennes rappellent que leur combat dépasse les clivages politiques. Leur mobilisation contre le sexisme, le racisme et l’impunité est un signal fort : la démocratie ne peut progresser sans une véritable égalité de représentation et de respect.
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