Le vendredi 9 janvier 2026, un bâtiment abritant le restaurant Potiwa Pizza Okap a été la cible d’une opération de démolition menée dans des conditions pour le moins troublantes. Selon une note officielle publiée par le Conseil d’administration de l’entreprise, cette action s’est déroulée sans avertissement préalable, sans notification formelle et sans qu’aucune autorité n’ait jugé nécessaire d’engager un dialogue avec les responsables de l’établissement.
D’après les informations disponibles, l’opération aurait été menée sous l’ordre du délégué départemental du Nord. Une intervention d’autant plus grave qu’elle a visé une entreprise légalement enregistrée en Haïti, respectueuse de ses obligations fiscales et administratives envers l’État haïtien. En s’attaquant à Potiwa Pizza, ce n’est pas seulement un restaurant que l’on a touché, mais un symbole de l’initiative privée qui persiste à investir malgré un environnement économique et sécuritaire hostile.
La note rendue publique par l’entreprise parle clairement d’une attaque. Le mot est fort, mais difficile à contester au regard des faits rapportés. Aucun avis écrit, aucune sommation verbale, aucune procédure transparente n’a précédé l’intervention. Pour les dirigeants de Potiwa Pizza, la découverte des images de la démolition a précédé toute explication officielle. Une manière d’agir qui heurte les principes élémentaires de l’État de droit et renforce l’impression d’un pouvoir administratif agissant sans cadre clair ni respect des garanties légales.
Cette affaire prend une dimension encore plus préoccupante lorsqu’on considère l’impact économique direct de cette décision. À lui seul, Potiwa Pizza Okap génère vingt-deux emplois stables et contribue chaque année à hauteur de plusieurs millions de gourdes au Trésor public sous forme de taxes. Dans un pays où le chômage explose et où les recettes fiscales se raréfient, la destruction brutale d’une telle entreprise pose une question fondamentale : quel message l’État envoie-t-il aux entrepreneurs haïtiens et à la diaspora désireuse d’investir ?
Au-delà du cas spécifique de Potiwa Pizza, cette opération s’inscrit dans un contexte plus large de démolitions ciblant les établissements installés le long du boulevard du Cap-Haïtien. Certes, des irrégularités urbanistiques peuvent exister. Mais elles ne sauraient justifier une action expéditive, menée sans procédure contradictoire, contre des acteurs économiques visibles, connus et tolérés depuis des années par les autorités locales et nationales. L’État ne peut décemment se prévaloir aujourd’hui d’un rigorisme soudain pour corriger ce qu’il a longtemps laissé prospérer.
En dénonçant publiquement cette agression, Potiwa Pizza attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur une dérive inquiétante : l’usage de la force administrative contre l’investissement privé légal. Une telle pratique fragilise la confiance, décourage l’initiative et alimente l’idée que nul n’est à l’abri de l’arbitraire, même en respectant la loi.
Face à la gravité des faits, l’entreprise a annoncé avoir saisi son avocat afin d’engager les suites légales nécessaires et appropriées. Cette démarche judiciaire, au-delà de la défense de ses intérêts, pourrait constituer un test crucial pour mesurer la capacité des institutions haïtiennes à garantir le droit, la transparence et l’équité.
Le dossier Potiwa Pizza dépasse désormais le cadre d’un simple contentieux administratif. Il interroge la vision de l’État haïtien en matière de développement économique, de gouvernance et de respect de ses propres partenaires. À force de frapper ceux qui investissent, créent des emplois et paient des taxes, le pays risque de se retrouver face à un désert économique dont il portera seul la responsabilité.
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