Une voix née en Haïti, tournée vers le monde
En 1963, à Cavaillon, naît un petit garçon.
Un petit Saint-Éloi… ou plutôt un grand Saint-Éloi.
Ce petit garçon, c’est Rodney Saint-Éloi.
Un enfant nourri par les récits, les silences et les braises encore vives de la mémoire. Il grandit entre les voix des mères, des grands-mères et les réalités d’un pays traversé par l’histoire, mais profondément debout.
Fais du feu : une injonction, un souffle, un manifeste
Publié le 8 septembre 2025, Fais du feu s’ouvre et se referme sur la même injonction :
« Fais du feu »
Une phrase répétée, martelée, presque incantatoire, qui traverse l’ensemble du recueil comme un seul et même poème.
Mais ici, le feu n’est pas qu’une image. Il est une nécessité.
Pour Rodney Saint-Éloi, le feu devient un acte de recommencement. Il brûle les anciennes peaux, efface les traces figées, pour rendre possible un nouveau départ. Dans un monde fragilisé par les crises et les injustices, il y a, selon lui, une urgence à rallumer quelque chose.
Le poème devient alors un lieu : celui où la braise reprend vie.

Détruire pour renaître
« Le feu, une fois allumé, peut devenir imprévisible. »
Dans le recueil, cette idée traverse les textes : le feu dérange, transforme, déstabilise. Mais il est aussi ce qui permet de reconstruire.
Il ne s’agit pas de destruction gratuite, mais d’un passage. D’un mouvement nécessaire pour quitter ce qui enferme et ouvrir un autre possible.
Le feu devient ainsi une métaphore du renouveau humain.
Le feu de l’enfance et de la mémoire
Le feu chez Saint-Éloi est aussi profondément intime.
Il renvoie à l’enfance en Haïti, aux braises sur lesquelles on faisait cuire des patates douces, aux moments de partage, de parole et de vie.
Là où il y a le feu, il y a du lien.
Cette mémoire n’est pas seulement personnelle : elle devient universelle. Elle rappelle que, face à l’obscurité du monde, l’humain a toujours cherché une flamme pour continuer à avancer.
Une poésie entre amour, douleur et résistance
Fais du feu est présenté comme un hymne à l’amour dans un monde incendié.
Mais cet amour n’efface pas la réalité. Le recueil évoque la guerre, les injustices, les fractures sociales et humaines. Il met en lumière la souffrance, tout en refusant de s’y abandonner.
La parole du poète devient alors un geste :
- un geste de résistance
- un geste de mémoire
- un geste pour rassembler
Il parle aux ombres, aux absents, aux dépossédés, mais aussi aux vivants, dans une même tentative de redessiner une humanité commune.
Une langue qui touche et qui réveille
La force du livre réside aussi dans sa langue.
Une langue à la fois sensible et sensorielle, capable de dire l’intime comme le collectif. Une langue qui chante la vie animale, végétale et humaine, tout en portant une tension constante entre fragilité et intensité.
Chaque phrase agit comme une étincelle. Chaque image participe à un mouvement plus large : celui de réveiller.

Une œuvre fidèle à un engagement
Avec ce recueil, Rodney Saint-Éloi poursuit une œuvre déjà marquée par l’histoire, l’exil, la mémoire et la dignité.
Soraya Ades.
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