Entre avril et juin 2026, 1 408 personnes ont été tuées et 656 autres blessées dans le contexte des violences en Haïti, selon le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH).
La majorité des incidents ont été enregistrés dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince (78 %), suivie du département de l’Artibonite (17 %). Les violences ont notamment touché Port-au-Prince, Delmas, Tabarre, la Plaine du Cul-de-Sac et plusieurs quartiers de Cité Soleil. Des incidents ont également été signalés dans les départements du Centre et du Sud-Est.
Le BINUH recense 81 enlèvements durant cette période, contre 57 au trimestre précédent.
Le rapport fait également état de 796 victimes de violences sexuelles liées aux gangs, dont 772 femmes et 23 filles. Selon le BINUH, 87 % des victimes ont subi des viols collectifs. Certaines agressions ont été commises devant des enfants ou d’autres membres de la famille.
Les opérations des forces de sécurité contre les gangs ont également fait des victimes. Plus de 40 % des personnes tuées ou blessées durant le trimestre l’ont été dans le cadre de ces opérations. Le BINUH indique qu’au moins 95 victimes n’avaient aucun lien avec les gangs.
Les opérations impliquant des drones explosifs ont fait neuf victimes, dont six enfants, tuées ou blessées.
Le BINUH documente également 14 cas d’exécutions sommaires présumées ou de tentatives d’exécution sommaire impliquant des membres de la PNH.
Dans l’Artibonite, le bureau onusien signale une progression de l’emprise des groupes armés, avec des attaques contre des localités et des membres de groupes d’autodéfense. Des agriculteurs ont été contraints de fuir leurs terres et leurs moyens de subsistance.
Les groupes d’autodéfense sont également impliqués dans les violences. Le BINUH estime qu’ils sont responsables d’environ 5 % des homicides et blessures enregistrés durant le deuxième trimestre 2026.
Face à cette situation, le BINUH appelle les autorités haïtiennes à accélérer le déploiement complet de la Force de répression des gangs (FRG) et à maintenir Haïti à l’ordre du jour international.
Il recommande également le lancement rapide des enquêtes des pôles judiciaires spécialisés sur les crimes de masse, les violences sexuelles et les crimes financiers.
Le BINUH rappelle enfin que tout recours à la force létale par les forces de l’ordre ou les acteurs agissant pour le compte de l’État doit respecter les principes de légalité, nécessité, proportionnalité, non-discrimination, précaution et responsabilité.
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