La République dominicaine reste l’un des rares pays au monde, aux côtés du Nicaragua, du Salvador, du Honduras et d’Haïti, à criminaliser totalement l’avortement. En République dominicaine, l’avortement est interdit depuis le Code pénal de 1884, toujours en vigueur malgré de multiples révisions.
Article 317 : punit la femme qui provoque son avortement de 2 à 3 ans de prison.
Article 318 : prévoit des peines plus lourdes pour les médecins, sages-femmes, pharmaciens ou toute personne ayant aidé à un avortement (jusqu’à 20 ans de réclusion si la femme en meurt).
Cette interdiction est absolue : elle ne prévoit aucune exception, même en cas de viol, d’inceste, de danger pour la vie de la femme ou de non-viabilité du fœtus.
Les révisions du Code pénal et les débats récents
2014-2017 : le Congrès tente d’introduire les “trois causales” (exceptions pour sauver la vie de la mère, en cas de viol/inceste, ou de fœtus non viable). La Cour constitutionnelle annule ces dispositions en 2015 pour vice de procédure.
2021 : le président Luis Abinader se déclare favorable aux trois exceptions, mais le Congrès refuse de les inclure dans la réforme.
11 août 2025 : promulgation du nouveau Code pénal dominicain, qui entrera en vigueur en août 2026. Ce texte maintient l’interdiction totale de l’avortement, malgré les pressions internationales et les mobilisations féministes.
Selon les organisations locales, plus de 90 000 avortements clandestins seraient pratiqués chaque année en République dominicaine. Ces pratiques, souvent réalisées sans assistance médicale adéquate, mettent en danger la vie des femmes, en particulier les plus pauvres.
Des cas emblématiques ont marqué l’opinion publique :
2012 : Rosaura Almonte Hernández, adolescente de 16 ans atteinte de leucémie, est décédée car les médecins ont refusé de traiter sa maladie en raison de sa grossesse.
De nombreux rapports de l’ONU et d’Amnesty International dénoncent ces situations comme des violations graves des droits humains.
Les ONG locales et internationales continuent de réclamer la dépénalisation au moins dans les trois cas déjà reconnus par la majorité des pays d’Amérique latine.
Cherline Ades
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