Le 3 novembre 2025, le Groupe de travail des Nations Unies sur la discrimination à l’égard des femmes et des filles a lancé un cri d’alarme : en Haïti, l’exclusion systémique des femmes des sphères de décision compromet gravement toute perspective de paix durable.
Alors que le pays traverse l’une des crises les plus aiguës au monde, les femmes et les filles en subissent les violences les plus brutales — sans voix, sans recours, sans représentation. Le Conseil présidentiel de transition ne compte aucune femme parmi ses sept membres votants, et le nouveau cabinet viole ouvertement l’exigence constitutionnelle de 30 % de représentation féminine.
« L’exclusion des femmes n’est pas seulement injuste — c’est une erreur stratégique », ont déclaré les expertes. Elles rappellent que les femmes haïtiennes ont toujours été au cœur des efforts de reconstruction, de cohésion sociale et d’aide humanitaire. Les ignorer revient à saboter les fondations mêmes de la résilience.
Le rapport dénonce également l’usage de la violence sexuelle comme arme de terreur par les gangs, notamment dans la capitale et ses environs. Les sites de déplacement, où les femmes sont majoritaires, deviennent des lieux d’exploitation et d’abus, sans mécanismes de signalement ni de protection.
La résolution 2793 du Conseil de sécurité, récemment adoptée, reconnaît l’impact disproportionné de la violence sur les femmes et les filles — mais reste muette sur leur inclusion dans les processus de gouvernance et de sécurité. Une omission grave, selon les expertes.
À l’heure où le monde célèbre les 25 ans de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, Haïti rappelle douloureusement ce qui se produit lorsque ses principes sont ignorés. L’inclusion des femmes n’est pas un geste symbolique : c’est le socle de toute sortie crédible de crise.
Cherline Ades.
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