Rio de Janeiro, 7 décembre 2025.
Des milliers de femmes se sont rassemblées sur la plage de Copacabana pour dénoncer la montée alarmante des féminicides au Brésil. Un cri collectif de colère, de douleur et de résistance a traversé l’avenue Atlântica : « Pas une seule de moins ! Nous voulons être en vie ! »
Une violence qui explose
Le pays connaît une vague de violences sans précédent. Depuis le début de l’année, plus de 1 180 femmes ont été assassinées, selon les organisations de défense des droits des femmes.
Plusieurs affaires récentes ont choqué l’opinion publique, dont celle d’une femme écrasée et traînée sur plus d’un kilomètre par son compagnon, début décembre. Plongée dans le coma, elle a dû être amputée des deux jambes.
Pour beaucoup, cette brutalité reflète une crise profonde dans un pays où la violence machiste persiste et s’aggrave.
Témoignages bouleversants
Parmi les manifestantes, Aline de Sousa, sœur d’une des deux femmes assassinées par un collègue de travail le 28 novembre à Rio, dénonce un drame qui aurait pu être évité.
« Elles s’étaient plaintes à la direction, mais personne ne les a écoutées. Le tueur n’acceptait pas d’avoir des femmes plus compétentes que lui. »
À ses côtés, Evelyn Da Luz, 44 ans, se présente comme une survivante. En 2016, son ex-mari lui a tiré dessus devant sa fille.
« Une partie de moi est morte ce jour-là. Et à chaque féminicide, je meurs un peu plus. On demande juste le droit de vivre. »
Des hommes présents… mais peu nombreux
Si la foule était majoritairement féminine, quelques hommes ont choisi d’affirmer leur soutien.
Pedro Nogh, présent avec sa fille de 11 ans, explique :
« Le changement doit venir de nous. Les hommes doivent regarder leurs comportements et prendre leurs responsabilités. »
Un appel urgent à l’État brésilien
Les organisatrices parlent d’une « épidémie de féminicides » et exigent des politiques publiques plus efficaces :
renforcement des dispositifs de protection des victimes
amélioration des réponses policières
prévention auprès des jeunes
programmes d’accompagnement pour les femmes menacées
dénonciation systématique des violences machistes
Pour les manifestantes, la tolérance sociale et institutionnelle face à ces crimes doit cesser.
Un mouvement qui s’inscrit dans une lutte régionale
Le Brésil n’est pas isolé : plusieurs pays d’Amérique latine voient émerger des mobilisations massives contre les violences faites aux femmes, dans la continuité du mouvement « Ni Una Menos » né en Argentine.
À Rio, ce 7 décembre 2025, les voix se sont unies pour rappeler une vérité simple et vitale : la vie des femmes ne peut plus être sacrifiée dans l’indifférence.
Soraya Ades
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