En 2024, la violence des gangs en Haïti a atteint des niveaux alarmants, touchant particulièrement les femmes et les filles. Selon les Nations Unies, plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, dont une majorité sont des femmes et des filles. Cette situation a été aggravée par des massacres, comme celui de Cité Soleil, où un gang armé a tué au moins 184 personnes, y compris des femmes âgées, entre le 6 et le 8 décembre 2024, selon un rapport des Nations Unies.
Les violences sexuelles sont devenues une arme de terreur systématique. Selon l’UNFPA, 72 % des incidents de violences basées sur le genre (VBG) concernent des violences sexuelles, principalement perpétrées par des membres de gangs. Ces actes laissent des séquelles physiques et psychologiques durables pour les victimes.
L’insécurité généralisée limite gravement l’accès aux soins. En novembre 2024, quatre femmes enceintes sont décédées dans la région de Port-au-Prince faute de soins appropriés, les routes étant bloquées par les gangs. Cette situation illustre l’effondrement du système de santé et l’isolement des femmes dans les zones sous contrôle des groupes armés.
Malgré ces défis, les femmes haïtiennes font preuve d’une résilience remarquable, continuant à protéger leurs familles et à maintenir des liens sociaux dans des conditions extrêmement difficiles.
Un autre phénomène inquiétant est la « féminisation » des gangs. Selon le journal en ligne Le Quotidien 509, de jeunes femmes enrôlées dans les gangs ne se limitent plus aux tâches domestiques ou à la surveillance des otages. Elles participent désormais, armes à la main, à la surveillance des chefs de gang et sont de plus en plus impliquées dans des opérations sur le terrain.
Une jeune femme récemment arrêtée par les forces de l’ordre a reconnu sa participation à l’attaque contre le pénitencier national en mars 2024, qui avait permis à tous les prisonniers de s’évader. Elle a également admis avoir tué plusieurs personnes, dont des policiers.
Pour les militants des droits humains, ce phénomène doit être pris très au sérieux. Ces « femmes soldates » sont aussi utilisées pour identifier des cibles potentielles à enlever, en fonction de leur train de vie, renforçant la complexité et la dangerosité de la violence des gangs à Haïti.
Edith Mona
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