« Notre peinture, nos palettes, nos vèvè, ont su mystifier notre art, nos toiles, et plonger l’œil de nos visiteurs dans une cosmogonie inimaginable. La preuve : André Malraux fut l’un de nos heureux élus . Et si, ensemble, nous essayions de découvrir le sentier qui a mené ce si grand penseur du XXᵉ siècle à contempler notre art ? »
Qui était André Malraux ?
André Malraux (1901-1976) est l’un des intellectuels majeurs du XXᵉ siècle. Écrivain, aventurier, résistant, penseur de l’art et homme politique, il est surtout connu pour ses œuvres littéraires comme La Condition humaine, prix Goncourt 1933, et pour son rôle historique en tant que premier ministre français des Affaires culturelles, sous le général de Gaulle, de 1959 à 1969.
Théoricien du “Musée imaginaire”, Malraux a profondément renouvelé la manière de penser l’art, en refusant les hiérarchies entre les civilisations et en affirmant que toute création artistique participe d’un même dialogue universel.
Haïti, dernier voyage d’un homme de culture
Quelques mois avant sa mort en 1976, André Malraux entreprend son dernier voyage : Haïti. Ce déplacement n’est ni touristique ni politique, mais profondément artistique et spirituel. Fasciné par la peinture haïtienne, notamment la peinture vaudou, Malraux y voit une expression rare, affranchie des codes occidentaux.
C’est cette expérience qui constitue le cœur de l’épisode 15/15 de la série radiophonique Dernières conversations avec André Malraux, réalisée par Jean-Marie Drot et diffusée sur France Culture.
La peinture haïtienne, une révélation artistique
En Haïti, Malraux distingue clairement la peinture naïve de la peinture vaudou, qu’il refuse de confondre. Il s’intéresse particulièrement aux artistes de la Communauté de Saint-Soleil, fondée par Jean-Claude Garoute, dit Tiga.
Parmi les figures majeures évoquées :
Hector Hyppolite
Robert Saint-Brice
André Pierre
Gérard Paul
Tiga
Malraux qualifiera cette production artistique de
« plus saisissante peinture magique du XXᵉ siècle ».
Saint-Soleil : l’art comme langage universel
Les artistes de Saint-Soleil, issus du monde rural, racontent dans l’émission la visite de Malraux comme un moment fondateur. À leurs yeux, sa reconnaissance internationale donnait une légitimité nouvelle à un art longtemps marginalisé.
Pour Malraux, Haïti devenait ainsi une preuve vivante de sa théorie : l’art dépasse les frontières, les religions et les époques.
Un hommage jusqu’à la tombe
L’émission se conclut sur un hommage poignant : les artistes haïtiens de Saint-Soleil se rassemblent au cimetière de Verrières-le-Buisson, lieu de sépulture d’André Malraux. Un dernier geste symbolique, scellant le lien entre l’intellectuel français et l’art haïtien.
Soraya Ades
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Source: France Culture
illustration:Maîtresse Erzulie (1945-1948) par Hector Hyppolite. – Gobonobo / Haitian Art society
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