Malgré la crise en Haïti et la violence des gangs à Port-au-Prince, la littérature haïtienne continue de séduire la France. En 2026, plusieurs écrivains haïtiens confirment le rayonnement d’une scène littéraire qui dépasse les frontières et s’impose sur la scène culturelle internationale.
Alors que l’actualité internationale continue d’associer Haïti aux violences des gangs et à l’instabilité à Port-au-Prince, une autre réalité s’impose loin des images de chaos : en France, la littérature haïtienne attire l’attention, séduit les lecteurs et s’impose dans les catalogues des grandes maisons d’édition.
Malgré l’insécurité persistante dans la capitale haïtienne et une crise sociale profonde, les écrivains haïtiens poursuivent leur travail de création. En ce début d’année 2026, plusieurs parutions confirment l’intérêt constant du public français pour ces voix venues de la Caraïbe.
De passage à Paris pour présenter Bréviaire des anonymes (Actes Sud), Lyonel Trouillot défend une littérature ancrée dans le réel. L’écrivain, qui vit toujours en Haïti, donne la parole à des personnages ordinaires confrontés aux fractures d’une société profondément inégalitaire. Son message est clair : malgré la violence, la création ne s’arrête pas.
Cette énergie traverse toute une génération d’auteurs. Le poète James Noël, avec Paons, évoque les tensions actuelles tout en célébrant la dignité et la résistance du peuple haïtien. De son côté, Rodney Saint-Éloi publie Fais du feu, un recueil qui met en lumière la force des gestes simples dans un monde marqué par les crises.
Le centenaire de René Depestre, figure majeure de la poésie haïtienne a également marqué l’année 2026. La publication d’une anthologie remet en avant l’œuvre de cet écrivain engagé, longtemps en exil, dont la voix continue d’influencer la littérature francophone.
La reconnaissance ne se limite pas aux hommages. Yanick Lahens a été distinguée par le Prix du roman de l’Académie française pour Passagères de nuit, un récit puissant sur la mémoire et l’émancipation féminine.
Dans un registre plus intime, Louis-Philippe Dalembert publie Je n’ai jamais dit papa, une lettre bouleversante adressée à un père disparu sous la dictature de François Duvalier. Quant à Néhémy Pierre-Dahomey, il explore les contradictions sociales et les premiers émois d’un jeune Haïtien dans L’ordre immuable des choses.
Lorsqu’on évoque Port-au-Prince, il n’est pas seulement question de gangs, de crises ou d’insécurité. Il est aussi question de culture, d’art, de musique et de littérature. Par ses branches toujours vivantes, la création haïtienne se fraie un chemin sur les scènes artistiques mondiales.
Cherline Ades.
Si vous aimez découvrir la culture, l’art et le monde qui vous entoure, vous pouvez nous soutenir en faisant un don. !Cliquez ici !
📲 Ne ratez rien avec Potomitanm
Recevez directement nos dernières nouvelles sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp Potomitanm


