Stephora est désormais devenue le symbole du harcèlement scolaire, tout comme Lucrecia — assassinée à Madrid en 1992 — représente encore aujourd’hui la violence xénophobe. Les mots sont durs, mais nécessaires : ces enfants et adolescents qui agressent physiquement et psychologiquement leurs camarades se comportent comme de petites mauvaises personnes.
Peuvent-ils changer ? Oui. Pour certains, il ne s’agira peut-être que d’une phase, à condition d’être stoppés à temps. Mais pour d’autres, surtout lorsqu’on minimise leurs actes ou qu’on leur permet de nuire en toute impunité, cette violence devient un mode de relation qui les suivra jusqu’à l’âge adulte : ils maltraiteront leurs subalternes, leur partenaire, leurs enfants ou même des inconnus.
Et pourtant, face à cette réalité, les excuses continuent de pleuvoir :
« Du harcèlement, il y en a toujours eu, il faut apprendre à se défendre. »
« On ne peut pas priver les agresseurs de leur droit à l’éducation. »
« Le problème a été signalé et discuté avec les parents. »
« Les agresseurs ont aussi besoin d’aide. »
« Une intervention a été menée, le protocole a été appliqué. »
Pourquoi est-ce la victime qui doit partir ?
Une question revient inlassablement : pourquoi est-ce presque toujours le harcelé qui doit changer d’école et non l’agresseur ?
Pourquoi les établissements n’expulsent-ils pas immédiatement ceux qui infligent violence et humiliation ?
Qu’est-ce qui empêche les enseignants d’intervenir fermement ?
Ne voient-ils pas ? Ou choisissent-ils de ne pas voir ?
Pourquoi entend-on tant de discours sur l’accompagnement des victimes, mais si peu d’actions fermes contre les agresseurs — y compris les agresseuses ?
Le cas Stephora : une tragédie annoncée
L’établissement fréquenté par Stephora ne nie pas que la mère de la fillette avait déjà signalé le harcèlement répété que subissait sa fille. Elle avait mis en place des stratégies pour renforcer son estime de soi, pour amortir l’impact psychologique du bullying.
Elle a fait ce que n’importe quel parent responsable aurait fait : protéger sa fille et demander à l’école de faire de même.
Puis est arrivée la tragédie :
Stephora est tombée dans la piscine… ou elle y a été poussée.
Personne ne l’a vue en danger… ou personne ne l’a aidée.
Sans l’historique de harcèlement, il n’y aurait ni tant de doutes, ni tant d’indignation.
Si une explication claire avait été fournie — le temps a pourtant passé —, il n’y aurait pas autant de spéculations.
Un phénomène connu, mais toujours hors de contrôle
La violence scolaire, dans les établissements dominicains publics comme privés, est largement documentée.
Pourtant, le harcèlement ne recule pas.
Preuve que les méthodes actuelles pour le combattre sont insuffisantes, parfois inefficaces, et que la volonté d’agir avec fermeté manque cruellement.
Combien de tragédies faudra-t-il avant d’admettre que le harcèlement scolaire ne se « gère » pas : il se stoppe ?
La rédaction.
Source: Diario Libre, colonne AM d’Inés Aizpún (08 décembre 2025).
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