J’ai retrouvé dans un livre ancien quelques pages jaunies, à l’encre un peu pâle, un peu effacée, des lettres de roses, autour d’un vin ou sous un soleil à savourer aux jours des Cupidons et des amours pérennes.
À l’ère des messages instantanés, il est des amours qui dorment encore entre les pages jaunies des livres anciens. En cette Saint-Valentin, Plume rose d’antan nous invite à redécouvrir la délicatesse des lettres écrites à l’encre du cœur.
René Depestre
Je ne viendrai pas
à Adeline Baker
Je ne viendrai pas ce soir
tisser au fil de ton regard
des heures d’abandon
de tendresse
d’amour.
Des camarades de bronze
ont convié ma jeunesse
à l’assaut de cette citadelle
qui s’écroule.
Je ne viendrai pas
noyer ma tristesse
dans le flot tumultueux
de tes cheveux d’ébène
une étoile de pourpre luit à l’horizon.
Je ne viendrai pas
mirer mon fol espoir
dans le cristal
de tes prunelles sauvages
car quel sens donner
à nos baisers
à nos étreintes
à ce soir brûlant de fièvre
si notre amour reste indifférent
aux appels désespérés de la souffrance humaine.

Georges Castera fils
Haute maîtrise
beaux yeux
pour la montée des sèves
ton regard c’est l’aventure
d’une allumette qui brûle
beaux yeux
pour le deuil des miroirs
ton visage
ma première nuit dans l’éternité.

Paul Laraque
Le temps du péril
J’ai besoin d’une femme de belle terre maudite
J’y allume mon feu et il n’est plus de différence entre
un volcan et un ventre qui brûle
Les sept lumières de la ville sont les charbons incandescents
de son corps à découvrir
(J’ai vu le buisson ardent)
Agoué sortant de l’eau dit que la vague se fende
Et mon boumba plus que lui d’ébène y piquerait une tête,
en flèche faisant luire soudain une queue de sirène
Mais les hounsis en fumées ondoyantes me guident par mille
voies interdites à la case des mystères
Je ne demande que d’aimer
Cérémonieux à l’égal de Magloire Saint-Aude ou
de Baron Samedi
L’oracle à mes mains qui tremblent présente
Chair à dévorer qui dévore
Chair à nourrir qui nourrit
Et quand le mince glaive foudroyant de l’éclair traverse
la bosse géante des ténèbres
Je rencontre enfin ton visage calme comme mon arrêt de mort.

Georges Castera fils
Signal
un peu de sel sur ton rire
ému
et le jour est nu.

Cherline Ades
Si vous aimez découvrir la culture, l’art et le monde qui vous entoure, vous pouvez nous soutenir en faisant un don. !Cliquez ici !
📲 Ne ratez rien avec Potomitanm
Recevez directement nos dernières nouvelles sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp Potomitanm


