Le nouveau roman de l’autrice haïtiano-américaine figure parmi les cinq titres retenus dans la catégorie fiction.
Le roman Dèy d’Edwidge Danticat a été désigné finaliste du National Book Award 2026 pour la fiction, l’une des distinctions littéraires les plus en vue aux États-Unis. Cette nomination s’inscrit dans un parcours que la critique américaine suit depuis plus de trois décennies.
Distinction littéraire décernée chaque année aux États-Unis par la National Book Foundation, organisation à but non lucratif; le National Book Award est à été créé en 1950. Il récompense des ouvrages publiés aux États-Unis dans cinq catégories : fiction, non-fiction, poésie, littérature traduite et littérature jeunesse.
Les lauréats sont désignés par des jurys indépendants. Une présélection est d’abord établie, puis cinq finalistes sont retenus dans chaque catégorie. Le gagnant est annoncé lors d’une cérémonie organisée en novembre et cette année, parmi les finalistes, figurent Edwidge Dandicat.
À la rencontre D’Edwidge Dandicat
Edwidge Danticat est une écrivaine haïtiano-américaine, née à Port-au-Prince, en Haïti. Elle a grandi entre Haïti et les États-Unis, où elle a rejoint ses parents à l’âge de douze ans. Son œuvre, rédigée en anglais, mêle fiction, mémoires et essais, et explore l’histoire haïtienne, la famille, l’exil et la migration.
Elle s’impose avec Breath, Eyes, Memory (1994), puis Krik? Krak! (1995), finaliste du National Book Award. Parmi ses autres titres figurent The Farming of Bones (1998), The Dew Breaker (2004) et Brother, I’m Dying (2007), également finaliste du National Book Award et lauréat du National Book Critics Circle Award. Son nouveau roman, Dèy, publié chez Knopf, est finaliste du National Book Award 2026 pour la fiction.
Un roman consacré au deuil
Publié chez Knopf, Dèy met en scène Magnolia, agente immobilière haïtiano-américaine vivant à Miami. Rescapée d’une fusillade de masse survenue dans un centre commercial, elle peine à en informer sa famille. Cette épreuve l’amène à réexaminer ses relations, son histoire familiale et les nombreuses pertes qui touchent ses proches.
Le titre renvoie au deuil en créole haïtien. Il relie le vécu personnel de Magnolia à celui de sa famille, dispersée entre Haïti et les États-Unis, et fait du roman une réflexion sur la mémoire, la perte et la transmission.
Un parcours déjà distingué
Edwidge Danticat avait déjà été finaliste du National Book Award en 1995 avec le recueil de nouvelles Krik? Krak!, puis en 2007 avec Brother, I’m Dying, récit mémoriel consacré à son père et à son oncle. Son œuvre, qui mêle fiction, mémoires et essais, explore de manière constante l’histoire haïtienne, la famille et la migration.
Dans sa recension, The Haitian Times décrit le roman comme un portrait du chagrin sous toutes ses formes, évoquant le deuil de personnes, mais aussi de quartiers, de pays, d’identités et d’avenirs imaginés. Le journal souligne une prose captivante, dénuée de sentimentalisme.
Les autres finalistes et le calendrier
Danticat concourt avec Hannah Lillith Assadi pour Paradiso 17, Julián Delgado Lopera pour Pretend You’re Dead and I Carry You, Valeria Luiselli pour Beginning Middle End et Morgan Thomas pour Mad Eden.
Les lauréats seront annoncés le 18 novembre. Chaque finaliste reçoit 1 000 dollars et une médaille de bronze ; le gagnant se voit remettre 10 000 dollars, une médaille de bronze et une statue.

Soraya Ades.
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