À l’approche des prochaines élections en Haïti, l’Organisation des États américains (OEA) soulève une question qui pourrait peser lourd dans la crédibilité du scrutin : quelle place accorder à des candidats soupçonnés d’entretenir des relations avec des groupes armés ?
Le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, estime que cette question doit être tranchée avant le lancement du processus électoral. Il affirme avoir constaté l’existence d’un « certain degré de collusion entre la sphère politique et les gangs ».
Cette déclaration, faite jeudi lors d’un échange avec plusieurs agences de presse internationales, dont EFE, intervient après la visite d’Albert Ramdin en Haïti au mois d’août. Le responsable affirme avoir discuté de cette problématique avec les autorités haïtiennes.
Qui pourra se présenter ?
Pour l’OEA, le débat ne concerne pas uniquement la tenue des élections. Il porte aussi sur les conditions dans lesquelles les candidats seront autorisés à participer au scrutin.
Albert Ramdin souhaite l’adoption de règles permettant d’écarter les candidats ayant des liens établis avec des organisations criminelles. Il reconnaît toutefois que les autorités haïtiennes ne lui ont pas encore fourni de réponse claire sur la manière dont cette question sera traitée.
L’identification des candidats concernés constitue donc l’une des principales interrogations soulevées par l’organisation régionale. Elle pose également la question des mécanismes de vérification qui devront être utilisés avant toute décision.
La sécurité conditionne le calendrier électoral
La situation sécuritaire demeure une autre difficulté majeure. Albert Ramdin considère l’insécurité comme le principal obstacle à l’organisation des élections.
Le secrétaire général de l’OEA a aussi questionné l’efficacité de la Force de répression des gangs (GSF), soutenue par les Nations unies. Il a notamment regretté que certains pays n’aient pas apporté le niveau de soutien annoncé pour cette mission.
Dans ce contexte, la préparation du scrutin se trouve confrontée à un double défi : créer les conditions nécessaires pour permettre aux citoyens de voter et garantir que le processus ne soit pas influencé par des acteurs criminels.
Pour Albert Ramdin, la crise haïtienne reste une « priorité absolue » pour l’OEA. L’organisation devra donc suivre l’évolution du contexte sécuritaire et politique avant la prochaine étape du processus électoral.
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