La Journée internationale de la jeunesse est célébrée cette année dans un contexte particulièrement difficile pour les jeunes Haïtiens. Ils sont nombreux à rêver d’un avenir meilleur, mais les conditions dans lesquelles ils évoluent rendent ce rêve de plus en plus difficile à concrétiser.
En Haïti, une génération grandit avec peu de repères et encore moins de garanties. L’école devient inaccessible pour certains, l’emploi reste rare, les activités culturelles et sportives sont limitées et les possibilités d’entreprendre demeurent difficiles. Dans plusieurs quartiers, les jeunes sont quotidiennement confrontés à la violence, à la précarité et à l’absence de perspectives.
Face à cette réalité, certains finissent par perdre confiance dans les voies traditionnelles de réussite. Quand le travail honnête ne permet plus de répondre aux besoins essentiels et que les modèles de réussite présentés aux jeunes sont parfois liés à l’argent facile, à la violence ou à des comportements malsains, le risque de dérive devient plus important.
Pourtant, cette situation ne doit pas servir à condamner toute une génération. La jeunesse haïtienne possède des talents, des idées et une volonté de réussir. Elle compte des étudiants, des entrepreneurs, des artistes, des sportifs, des professionnels et des jeunes engagés dans leurs communautés.
Le véritable problème est peut-être moins une jeunesse qui refuse de construire qu’une jeunesse à laquelle on ne donne pas suffisamment les moyens de construire.
Cette journée devrait donc être l’occasion de poser une question collective : que faisons-nous concrètement pour empêcher nos jeunes de perdre espoir ?
Il ne suffit pas de demander aux jeunes d’être responsables. Une société doit aussi créer les conditions qui leur permettent de le devenir. Former, encadrer, créer des emplois, soutenir les initiatives et offrir des espaces sûrs sont autant de moyens de réduire l’influence des chemins dangereux.
La jeunesse haïtienne ne demande pas seulement qu’on célèbre son potentiel une fois par an. Elle attend des possibilités réelles pour transformer ce potentiel en avenir.
Le 12 août ne devrait donc pas être uniquement une journée de célébration. Il devrait être un rappel : si Haïti veut changer son avenir, elle doit commencer par donner une véritable place à sa jeunesse.
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