Les violences qui ont frappé Kenscoff les 23 et 24 août relancent les inquiétudes sur la situation sécuritaire dans cette commune. Dans une note de position, Gardien Citoyen dénonce la multiplication des attaques contre les civils et estime que l’État doit apporter une réponse sécuritaire et judiciaire à la hauteur de la gravité des faits.
L’organisation de défense des droits humains affirme que 47 personnes ont été tuées lors de la dernière attaque, selon le bilan communiqué par les Nations unies. Des personnes déplacées qui avaient trouvé refuge dans une église ont été prises pour cible. Des maisons ont été incendiées, dont celle du Dr Jean William « Bill » Pape, chercheur haïtien en santé publique. Un véhicule a également été brûlé devant l’école Jean-Paul II.
Gardien Citoyen rappelle que Kenscoff fait face à des violences répétées depuis janvier 2025. Le 27 janvier 2025, une offensive attribuée à la coalition Viv Ansanm avait déjà fait au moins 50 morts et provoqué le déplacement de plus de 3 000 personnes. Les attaques de février avaient ensuite touché plusieurs localités, avec au moins 14 morts supplémentaires et des cas de violences sexuelles rapportés.
Les mois suivants n’ont pas marqué de véritable répit. En août 2025, neuf personnes avaient été enlevées dans un orphelinat de Kenscoff, dont une missionnaire irlandaise et un enfant. Quatre policiers avaient également été tués dans la commune en septembre de la même année. En juillet 2026, les violences enregistrées à Robin et dans des zones voisines de Pétion-Ville avaient encore fait au moins 61 morts, selon les Nations unies.
Pour Gardien Citoyen, cette succession d’événements démontre que la population de Kenscoff reste exposée à une menace persistante. L’organisation souligne aussi les conséquences sur les écoles, dont certaines ont été fermées ou utilisées comme abris pour des personnes déplacées. Les violences des 23 et 24 août ont également touché les abords d’un établissement scolaire.
La situation de Kenscoff intervient dans un contexte national marqué par une forte mortalité liée aux violences. Le rapport du BINUH sur le deuxième trimestre de 2026, publié le 25 août, recense 1 408 personnes tuées et 656 blessées entre avril et juin en Haïti.
Gardien Citoyen considère que ces chiffres imposent une action plus déterminée des autorités. L’organisation demande au directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, de renforcer durablement la sécurité à Kenscoff et de mieux protéger les civils, notamment les enfants, les familles déplacées, les écoles et les lieux de culte.
Elle appelle également le gouvernement et les autorités judiciaires à mener des enquêtes « crédibles, impartiales et approfondies » sur les événements des 23 et 24 août. Les auteurs des crimes et leurs éventuels complices doivent, selon l’organisation, être identifiés et poursuivis conformément à la loi.
Gardien Citoyen réclame enfin un bilan officiel permettant d’établir avec précision le nombre de victimes, de disparus et de déplacés, ainsi que l’ampleur des destructions enregistrées à Kenscoff.
Après dix-neuf mois de violences, l’organisation estime que la protection de la population ne peut plus être traitée comme une réponse ponctuelle. Elle appelle l’État à garantir la sécurité, l’accès à l’éducation et les droits fondamentaux des habitants de Kenscoff, tout en assurant que les crimes commis fassent l’objet de véritables poursuites judiciaires.
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