La Route nationale n°1, principal axe reliant Port-au-Prince au Grand Nord, est devenue un corridor économique contrôlé par des groupes armés. Selon plusieurs informations circulant ces derniers jours, la coalition « Viv Ansanm » exigerait désormais jusqu’à 25 000 gourdes de chaque autobus assurant le trajet entre la capitale et les départements du Nord.
Si l’on considère qu’environ 20 autobus effectuent quotidiennement ce parcours, les revenus générés peuvent rapidement atteindre des montants considérables. À raison de 25 000 gourdes par véhicule, les groupes armés pourraient percevoir 500 000 gourdes par jour, soit 15 millions de gourdes par mois sur cette seule activité. Sur une année, ce montant représenterait près de 180 millions de gourdes.
Ces chiffres ne prennent même pas en compte les taxes imposées sur les camions de marchandises, les véhicules privés, les motocyclettes ou encore les prélèvements effectués sur les bagages des passagers. Les fouilles signalées sur plusieurs tronçons de la route permettent également d’exercer un contrôle supplémentaire sur les déplacements et les échanges commerciaux.
Selon les informations disponibles, près de huit postes de contrôle illégaux seraient actifs entre Port-au-Prince et Gonaïves. Chaque point de contrôle constitue une source de revenus pour les groupes armés qui dominent le territoire. Cette situation favorise l’émergence d’une véritable économie parallèle, fonctionnant en dehors de tout cadre légal et privant l’État de ressources importantes.
Les conséquences sont directes pour la population. Les compagnies de transport répercutent souvent ces coûts sur le prix des billets, tandis que les commerçants doivent intégrer ces dépenses supplémentaires dans le transport des marchandises. Au final, ce sont les consommateurs qui paient le prix de cette insécurité à travers la hausse du coût de la vie.
L’emprise croissante des groupes armés sur la Route nationale n°1 dépasse la seule question sécuritaire. Elle révèle également l’existence d’un système économique capable de générer des millions de gourdes chaque mois, renforçant les capacités financières des organisations criminelles et compliquant davantage les efforts visant à rétablir l’autorité de l’État sur cet axe stratégique du pays.
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