La crise haïtienne ne s’explique pas uniquement par les ingérences étrangères. Elle trouve aussi ses racines dans les complicités internes qui permettent aux groupes armés de prospérer. C’est le message central porté par le président salvadorien Nayib Bukele dans une adresse au peuple haïtien, où il établit un parallèle entre la trahison de Jean-Jacques Dessalines et les responsabilités de certains acteurs dans la violence actuelle.
Dans son intervention, Bukele rappelle que le père de l’indépendance a été assassiné par des hommes qui avaient combattu à ses côtés, mais qui, selon lui, ont fini par privilégier leurs intérêts personnels au détriment du projet national. Il considère que cette logique de trahison se perpétue aujourd’hui à travers des acteurs qui alimentent directement ou indirectement la criminalité.
Le président salvadorien accuse notamment certains Haïtiens de financer les gangs, de leur fournir des armes, de faciliter le trafic de drogue et de contribuer à la prise de contrôle de territoires. Il estime que les acteurs étrangers ne pourraient pas exercer une telle influence sans le soutien de complicités locales.
Son discours pose une question particulièrement sensible : qui fournit les armes qui terrorisent les familles haïtiennes ? Qui finance les groupes qui chassent les habitants de leurs maisons, détruisent leurs quartiers et privent des milliers de personnes de leur liberté ?
En faisant référence à Dessalines, Bukele remet au centre du débat la question de la souveraineté et de la responsabilité nationale. Il appelle les Haïtiens à se mobiliser pour reprendre le contrôle de leurs communautés et annonce le soutien de son pays dans cette démarche.
Mais son intervention soulève surtout un enjeu incontournable : aucune stratégie de sécurité ne peut durablement réussir si les réseaux qui financent, arment et protègent les groupes criminels échappent à la justice. Pour les familles déplacées, les victimes de kidnapping et les habitants contraints d’abandonner leurs maisons, la priorité reste la même : retrouver la sécurité, vivre dignement et pouvoir circuler librement dans leur propre pays.
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