La lutte contre l’insécurité ne peut, à elle seule, reposer sur les forces de sécurité. C’est le message porté ce lundi par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027, à la Cour de Cassation. Pour le chef du gouvernement, le renforcement de la justice constitue un élément indispensable de toute réponse durable à la crise sécuritaire.
« Il n’y a pas de sécurité durable sans justice forte », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé devant des magistrats, des membres du gouvernement, des représentants de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H) ainsi que des représentants du corps diplomatique.
Le gouvernement entend ainsi renforcer le fonctionnement de la chaîne judiciaire, depuis le traitement des dossiers jusqu’au jugement des affaires criminelles. Plusieurs mesures ont été mises en avant lors de cette cérémonie, notamment la reprise des assises criminelles au Tribunal de première instance de Port-au-Prince après huit années d’interruption.
Deux pôles judiciaires spécialisés sont également entrés en opération dans la capitale. Pour l’exécutif, ces structures doivent contribuer à améliorer la capacité des institutions judiciaires à traiter certains dossiers et à apporter une réponse plus efficace aux infractions.
La question de la détention préventive prolongée figure aussi parmi les priorités. Des détenus ont été libérés à Jacmel et à Port-au-Prince dans le cadre des mesures engagées pour accélérer l’examen des dossiers. L’objectif affiché est de réduire les situations dans lesquelles des personnes restent incarcérées pendant de longues périodes sans jugement.
Les chiffres de l’année judiciaire 2025-2026 donnent une idée du volume de travail des juridictions. La Cour de Cassation a rendu 286 décisions, les cinq Cours d’Appel ont prononcé 249 arrêts et les tribunaux de première instance ont traité 6 388 cas.
Mais le gouvernement veut également agir sur le cadre légal. En sa qualité de ministre de la Justice a.i., le Premier ministre a annoncé l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, du nouveau Code pénal et du nouveau Code de procédure pénale. Ces deux textes sont présentés comme des instruments majeurs de la réforme du système judiciaire.
Pour les autorités, le renforcement de la justice doit également accompagner le processus de retour à un fonctionnement démocratique. Le gouvernement a réaffirmé son intention de soutenir le Conseil électoral provisoire (CEP) dans la conduite du processus électoral.
L’ouverture de l’année judiciaire intervient donc avec une double ambition : rendre les tribunaux plus efficaces et renforcer la capacité de l’État à répondre aux actes criminels. Pour le gouvernement, la sécurité et la justice doivent désormais avancer ensemble, avec comme principal enjeu la capacité des institutions à produire des résultats concrets.
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